Condamnation de Rebo Tchulo : ce qu’il faut savoir

Après plusieurs semaines de procédure, la justice militaire a finalement tranché. Condamnée, mais sans incarcération, Rebo Tchulo retrouve sa liberté de mouvement.

La chanteuse congolaise Déborah Tshimpaka Mulanga, alias Rebo Tchulo, a été condamnée ce jeudi 27 août à 12 mois de servitude pénale avec sursis pendant 24 mois par le tribunal militaire de garnison de Kinshasa-Ngaliema. Elle a été reconnue coupable d’incitation des militaires à commettre des actes contraires à la loi et à la discipline des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC).

L’affaire avait débuté après la diffusion d’une vidéo dans laquelle l’artiste avait tenu des propos considérés par les autorités judiciaires comme susceptibles d’inciter des militaires à commettre des actes contraires à la loi et à la discipline militaire.

Interpellée dans le cadre de cette affaire, Rebo Tchulo avait ensuite comparu devant le tribunal militaire de garnison de Ngaliema. Les audiences ont permis à la juridiction d’examiner les éléments du dossier ainsi que les arguments de la défense et du ministère public.

Au fil du procès, les débats se sont notamment concentrés sur la nature des propos reprochés à la chanteuse, leur contexte et leur portée au regard de la législation congolaise. La défense avait contesté les accusations et plaidé en faveur de l’artiste.

Le verdict, initialement attendu la semaine dernière, avait été renvoyé au jeudi 27 août. La décision était particulièrement attendue par le milieu culturel congolais, qui suivait de près cette affaire.

Douze mois avec sursis

Au terme des débats, le tribunal a reconnu Rebo Tchulo coupable d’incitation des militaires à commettre des actes contraires à la loi et à la discipline des FARDC.

La chanteuse a été condamnée à 12 mois de servitude pénale avec sursis pendant 24 mois. Elle ne sera donc pas incarcérée à la suite de cette décision, sous réserve du respect des conditions liées au sursis.

Le tribunal a également ordonné la levée de l’interdiction de sortie du territoire national qui lui avait été imposée par le parquet militaire.

Rebo Tchulo retrouve ainsi sa liberté de mouvement et peut reprendre ses activités.

250 000 dollars réclamés, 20 000 dollars retenus

Le volet civil du dossier a également été tranché. La partie civile avait réclamé 250 000 dollars américains à titre de dommages et intérêts.

Le tribunal n’a pas mis cette somme à la charge de Rebo Tchulo. Au contraire, la cour a indiqué que 20 000 dollars américains de dommages et intérêts seraient à la charge de l’État congolais.

Une précision importante dans un verdict qui, s’il confirme la culpabilité de la chanteuse, lui évite une peine d’emprisonnement ferme ainsi que le paiement des dommages et intérêts réclamés par la partie civile.

Une affaire désormais devant les voies de recours

Après plusieurs semaines de procédure, la justice militaire a donc rendu son verdict. Rebo Tchulo reste condamnée pénalement, mais bénéficie du sursis et retrouve sa liberté de mouvement.

Le dossier pourrait toutefois ne pas être définitivement clos si l’une des parties décide d’exercer les voies de recours prévues par la loi.

Félix Ilunga

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